M. DE RÉAN.—Ce que c'est que d'être coquette! On veut se rendre jolie et l'on se rend affreuse.

PAUL.—Ma pauvre Sophie, va vite te sécher, te peigner et te changer. Si tu savais comme tu es drôle, tu ne voudrais pas rester deux minutes comme tu es.

MADAME DE RÉAN.—Non, elle va dîner avec sa belle coiffure en l'air et avec sa robe pleine de sable et d'eau…

PAUL, interrompant et avec compassion. —Oh! ma tante, je vous en prie, pardonnez-lui, et permettez-lui d'aller se peigner et changer de robe. Pauvre Sophie, elle a l'air si malheureux!

M. DE RÉAN.—Je fais comme Paul, chère amie, et je demande grâce pour cette fois. Si elle recommence, ce sera différent.

SOPHIE, pleurant. —Je vous assure, papa, que je ne recommencerai pas.

MADAME DE RÉAN.—Pour faire plaisir à votre papa, mademoiselle, je vous permets d'aller dans votre chambre et de vous déshabiller; mais vous ne dînerez pas avec nous; vous ne viendrez au salon que lorsque nous serons sortis de table.

PAUL.—Oh! ma tante, permettez-lui…

MADAME DE RÉAN.—Non, Paul, ne me demande plus rien; ce sera comme je l'ai dit. (À Sophie.) Allez, mademoiselle.

Sophie dîna dans sa chambre, après avoir été peignée et habillée. Paul vint la chercher après dîner et l'emmena jouer dans un salon où étaient les joujoux. Depuis ce jour Sophie n'essaya plus de se mettre à la pluie pour faire friser ses cheveux.