SOPHIE.—C'est parce qu'il ne me connaît pas encore, ma bonne; mais, quand il verra que je lui donne à manger, il m'aimera.
PAUL.—Je crois qu'il ne t'aimera jamais, parce qu'il est trop vieux pour s'habituer à rester enfermé. Il aurait fallu en avoir un tout jeune.
SOPHIE.—Oh! Paul, jette-lui des balles, je t'en prie, pour le faire descendre. Nous le rattraperons et nous le renfermerons.
PAUL.—Je veux bien, mais je ne crois pas qu'il veuille descendre.
Et voilà Paul qui va chercher un gros ballon et qui le lance si adroitement qu'il attrape l'écureuil à la tête. Le ballon descend en roulant, et après lui le pauvre écureuil; tous deux tombent à terre; le ballon bondit et rebondit, mais l'écureuil se brise en touchant à terre et reste mort, la tête ensanglantée, les reins et les pattes cassés. Sophie et Paul courent pour le ramasser et restent stupéfaits devant le pauvre animal mort.
«Méchant Paul, dit Sophie, tu as fait mourir mon écureuil.»
PAUL.—C'est ta faute, pourquoi as-tu voulu que je le fisse descendre en lui lançant des balles?
SOPHIE.—Il fallait seulement lui faire peur et non le tuer.
PAUL.—Mais je n'ai pas voulu le tuer; le ballon l'a attrapé, je ne croyais pas être si adroit.
SOPHIE.—Tu n'es pas adroit, tu es méchant. Va-t'en, je ne t'aime plus du tout.