Allons vite à la maison pour me laver encore le visage, dit Paul. N'aie pas l'air triste, ma pauvre Sophie. Je t'assure que je souffre très peu; demain ce sera passé. Ce que je te demande seulement, c'est de ne pas dire que tu m'as griffé; si tu le faisais, j'en serais fort triste et je n'aurais pas la récompense de mes piqûres de houx. Me le promets-tu?
Oui, dit Sophie en l'embrassant; je ferai tout ce que tu
voudras.»
Ils rentrèrent dans leur chambre, et Paul retrempa son visage dans l'eau.
Quand ils allèrent au salon, les mamans qui y étaient poussèrent un cri de surprise en voyant le visage écorché et bouffi du pauvre Paul.
«Où t'es-tu arrangé comme cela? demanda Mme d'Aubert. Mon pauvre
Paul, on dirait que tu t'es roulé dans les épines.»
PAUL.—C'est précisément ce qui m'est arrivé, maman. Je suis tombé, en courant, dans un buisson de houx, et, en me débattant pour me relever, je me suis écorché le visage et les mains.
MADAME D'AUBERT.—Tu es bien maladroit d'être tombé dans ce houx, tu n'aurais pas dû te débattre, mais te relever bien doucement.
MADAME DE RÉAN.—Où donc étais-tu, Sophie? Tu aurais dû l'aider à se relever.
PAUL.—Elle courait après moi, ma tante; elle n'a pas eu le temps de m'aider; quand elle est arrivée, je m'étais déjà relevé.
Mme d'Aubert emmena Paul pour mettre sur ses écorchures de la pommade de concombre.