«Paul n'a rien fait de mal, maman; au contraire, il est très bon, et il a fait une très belle chose; c'est moi seule qui ai été méchante, et c'est pour m'empêcher d'être grondée et punie qu'il s'est roulé dans le houx.»

Mme de Réan, de plus en plus surprise, questionna Sophie, qui lui raconta tout ce qui s'était passé entre elle et Paul.

«Excellent petit Paul! s'écria Mme de Réan; quel bon coeur il a! Quel courage et quelle bonté! Et toi, ma pauvre Sophie, quelle différence entre toi et ton cousin! Vois comme tu te laisses aller à tes colères et comme tu es ingrate envers cet excellent Paul, qui te pardonne toujours, qui oublie toujours tes injustices, et qui, aujourd'hui encore, a été si généreux pour toi.»

SOPHIE.—Oh oui! maman, je vois bien tout cela, et à l'avenir jamais je ne me fâcherai contre Paul.

MADAME DE RÉAN.—Je n'ajouterai aucune réprimande ni aucune punition à celle que te fait subir ton coeur. Tu souffres du mal de Paul, et c'est ta punition: elle te profitera plus que toutes celles que je pourrais t'infliger. D'ailleurs tu as été sincère, tu as tout avoué quand tu pouvais tout cacher: c'est très bien, je te pardonne à cause de ta franchise.

XV—Élisabeth.

Sophie était assise un jour dans son petit fauteuil; elle ne faisait rien et elle pensait.

«À quoi penses-tu?» lui demanda sa maman.

SOPHIE.—Je pense à Élisabeth Chéneau, maman.

MADAME DE RÉAN.—Et à propos de quoi penses-tu à elle?