MADAME DE RÉAN.—Tu ne travailles pas encore assez bien pour avoir une si jolie boîte. De plus tu n'as pas assez d'ordre. Tu ne rangerais rien et tu perdrais tous les objets les uns après les autres.

SOPHIE.—Oh non! maman, je vous assure; j'en aurais bien soin.

MADAME DE RÉAN.—Non, Sophie, n'y pense pas; tu es trop jeune.

SOPHIE.—Je commence à très bien travailler, maman; j'aime beaucoup à travailler.

MADAME DE RÉAN.—En vérité! Et pourquoi es-tu toujours si désolée quand je t'oblige à travailler?

SOPHIE, embarrassée. —C'est…, c'est… parce que je n'ai pas ce qu'il me faut pour travailler. Mais, si j'avais cette boîte, je travaillerais avec un plaisir…, oh! un plaisir…

MADAME DE RÉAN.—Tâche de travailler avec plaisir sans la boîte, c'est le moyen d'arriver à en avoir une.

SOPHIE.—Oh! maman, je vous en prie!

MADAME DE RÉAN.—Sophie, tu m'ennuies. Je te prie de ne plus songer à la boîte.

Sophie se tut; elle continua à regarder la boîte, puis elle la redemanda à sa maman plus de dix fois. La maman, impatientée, la renvoya dans le jardin.