Elisabeth:—Qui sait s'il ne nous comprend pas? J'ai bien lu, moi, les Mémoires d'une poupée; est-ce qu'une poupée a l'air de voir et de comprendre? Cette poupée a écrit qu'elle entendait tout, qu'elle voyait tout.
Henri:—Est-ce que tu crois cela, toi?
Elisabeth:—Certainement, je le crois.
Henri:—Comment la poupée a-t-elle pu écrire?
Elisabeth:—Elle écrivait la nuit avec une toute petite plume de colibri, et elle cachait ses Mémoires sous son lit.
Madeleine:—Ne crois donc pas de pareilles bêtises, ma pauvre Elisabeth; c'est une dame qui a écrit ces Mémoires d'une poupée, et, pour rendre le livre plus amusant elle a fait semblant d'être la poupée et d'écrire comme si elle était une poupée.
Elisabeth:—Tu crois que ce n'est pas une vraie poupée qui a écrit?
Camille:—Certainement non. Comment veux-tu qu'une poupée, qui n'est pas vivante, qui est faite en bois, en peau et remplie de son, puisse réfléchir, voir, entendre, écrire?
Tout en causant, nous arrivions au château; les enfants coururent tous à leur grand'mère, qui était restée à la maison. Ils lui racontèrent tout ce que j'avais fait et combien j'avais étonné et enchanté tout le monde.
—Mais il est vraiment merveilleux, ce Cadichon! s'écria-t-elle en venant me caresser. J'ai connu des ânes fort intelligents, plus intelligents que toute autre bête, mais jamais je n'en ai vu comme Cadichon! Il faut avouer qu'on est bien injuste envers les ânes.