LA PUNITION
Je restai seul jusqu'au soir; personne ne vint me voir. Je m'ennuyais, et je vins dans la soirée me mettre près des domestiques qui prenaient l'air à la porte de l'office et qui causaient.
—Si j'étais à la place de madame, dit le cuisinier, je me déferais de cet âne.
La femme de chambre:—Il devient par trop méchant en vérité. Voyez donc le tour qu'il a joué à ce pauvre Auguste; il aurait pu le tuer ou le noyer tout de même.
Le valet de chambre:—Et c'est qu'après il avait l'air tout joyeux encore! il courait, il sautait, il brayait comme s'il avait fait un beau coup.
Le cocher:—Il le payera, allez; je lui donnerai une raclée pour son souper....
Le valet de chambre:—Prends garde; si madame s'en aperçoit....
Le cocher:—Et comment madame le saurait-elle? Crois-tu que je vais lui donner des coups de fouet sous les yeux de madame? J'attendrai qu'il soit à l'écurie.
Le valet de chambre:—Tu pourrais bien attendre longtemps; cet animal qui fait toutes ses volontés, rentre quelquefois si tard.
Le cocher:—Ah! mais, s'il m'ennuie trop, je saurai bien le faire rentrer malgré lui, et sans que personne s'en doute.