Louis:—Qu'est-ce que voit donc Auguste?
Pierre:—Il croit toujours voir Cadichon qui veut se jeter sur lui, qui le mord, le piétine; le médecin est très inquiet. Papa et mes oncles y sont allés.
Madeleine:—Comme c'est vilain à Cadichon d'avoir jeté le pauvre Auguste dans ce trou dégoûtant!
—Oui, c'est très vilain, monsieur, s'écria Jacques en se retournant vers moi. Allez, vous êtes un méchant! Je ne vous aime plus.
—Ni moi, ni moi, ni moi, répétèrent tous les enfants à l'unisson. Va t'en; nous ne voulons pas de toi.
J'étais consterné. Tous, jusqu'à mon petit Jacques que j'aimais toujours tendrement, tous me chassaient, me repoussaient.
Je m'éloignai lentement de quelques pas; je me retournai et les regardai d'un air si triste, que Jacques en fut touché; il courut à moi, me prit la tête, et me dit d'une voix caressante:
—Ecoute, Cadichon, nous ne t'aimons pas à présent; mais, si tu es bon, je t'assure que nous t'aimerons comme auparavant.
—Non, non, jamais comme avant! s'écrièrent tous les enfants. Il est trop mauvais.
—Vois-tu, Cadichon, voilà ce que c'est que d'être méchant, reprit le petit Jacques en me passant la main sur le cou. Tu vois que personne ne veut t'aimer.... Mais.... ajouta-t-il en me parlant à l'oreille, je t'aime encore un peu, et si tu n'es plus méchant, je t'aimerai beaucoup, tout comme avant.