—Une perche! une perche! disait-il.
Les enfants criaient et couraient de tous côtés. Enfin Caroline aperçoit une longue perche, la ramasse et la présente à Charles, qui la saisit. Son poids entraîne Caroline, qui appelle au secours! Ernest, Antoine et Albert courent à elle; ils parviennent avec peine à retirer le malheureux Charles, qui avait bu plus qu'il n'avait soif, et qui était trempé des pieds à la tête. Quand il est sauvé, les enfants se mettent à rire de sa mine piteuse; Charles se fâche; les enfants sautent sur leurs ânes et lui conseillent en riant de rentrer à la maison pour changer d'habits et de linge. Il remonte tout mouillé sur son âne. Je riais à part moi de sa figure ridicule. Le courant avait entraîné son chapeau et ses souliers, l'eau ruisselait jusqu'à terre; ses cheveux, trempés, se collaient à sa figure, son air furieux achevait de le rendre complètement risible. Les enfants riaient, mes camarades sautaient et couraient pour témoigner leur gaieté.
Je dois ajouter que l'âne de Charles était détesté de nous tous, parce qu'il était querelleur, gourmand et bête, ce qui est très rare parmi les ânes.
Enfin, Charles disparut, les enfants et mes camarades se calmèrent. Chacun me caressa et admira mon esprit; nous repartîmes tous, moi en tête de la bande.
V
LE CIMETIÈRE
Nous marchions au pas, et nous approchions du cimetière du village, qui est à une lieue du château. «Si nous retournions, dit Caroline, et que nous reprenions le chemin de la forêt?»
—Pourquoi cela? dit Cécile.
Caroline:—C'est que je n'aime pas les cimetières.
Cécile: d'un air moqueur.—Pourquoi n'aimes-tu pas les cimetières? Est-ce que tu as peur d'y rester?