—Peut-être ont-ils sur eux des papiers qui les feront reconnaître, dit le papa de Louis; on ferait savoir à leurs familles qu'ils sont ici et blessés.
Le jardinier fouilla dans leurs poches, en retira quelques papiers, qu'il remit au papa de Jacques, puis deux couteaux bien aiguisés, bien pointus, et un gros paquet de clefs.
—Ah! ah! ceci indique l'état de ces messieurs! s'écria-t-il; ils venaient voler et peut-être tuer.
—Je commence à comprendre, dit le papa de Pierre. La présence de Cadichon et ses braiments expliquent tout. Ces gens-là venaient pour voler; Cadichon les a devinés avec son instinct accoutumé; il a lutté contre eux, il a rué et leur a cassé la tête, après quoi il s'est mis à braire pour nous appeler.
—C'est bien cela, ce doit être cela, dit le papa de Jacques. Il peut se vanter de nous avoir rendu un fier service, ce brave Cadichon. Viens, mon Cadichon, te voilà rentré en grâce cette fois.
J'étais content; je me promenais en long et en large devant la serre, pendant qu'on donnait des soins à Finot et à Passe-Partout. M. Tudoux ne tarda pas à arriver; les voleurs n'avaient pas encore repris connaissance.
Il examina les blessures.
—Voilà deux coups bien appliquées, dit-il. On voit distinctement la marque d'un très petit fer à cheval, comme qui dirait un pied d'âne. Et mais, ... ajouta-t-il en m'apercevant, ne serait-ce pas une nouvelle méchanceté de cet animal qui nous examine comme s'il comprenait?
—Pas méchanceté, mais fidèle service et intelligence, répondit le papa de Pierre. Ces gens-là sont des voleurs; voyez ces couteaux et ces papiers qu'ils avaient sur eux.
Et il se mit à lire: