—Certainement, répondirent les trois cousines, grand'mère sera enchantée; d'ailleurs elle fait tout ce que nous voulons.
Madeleine:—Mais comment faire pour la mener jusqu'à la maison, Thérèse? Regarde comme elle boite.
Thérèse:—Mettons-la sur Cadichon; nous suivrons toutes à pied au lieu de le monter deux à deux, chacune à notre tour.
—C'est vrai, quelle bonne idée! s'écrièrent les trois cousines.
Elles placèrent la petite fille sur mon dos.
Camille avait encore dans sa poche un morceau de pain qui restait de son goûter, elle le lui donna; la petite le mangea avec avidité; elle semblait ravie de se trouver sur mon dos, mais elle ne disait rien; elle était fatiguée et elle souffrait de la faim.
Quand j'arrêtai devant le perron, Camille et Elisabeth firent entrer la petite à la cuisine, pendant que Madeleine et Thérèse couraient chez la grand'mère.
—Grand'mère, dit Madeleine, permettez-nous de donner à manger à une petite fille très pauvre que nous avons trouvée sur la route.
La grand'mère:—Très volontiers, chère petite; mais qui est-elle?
Madeleine:—Je ne sais pas, grand'mère.