Elle réfléchit un instant; une idée se présenta à son esprit.
—Attends, ma petite, dit-elle; je vais revenir tout à l'heure.
Elle courut chez sa maman.
—Maman, dit-elle, je dois prendre un bain, n'est-ce pas?
La maman:—Oui, Thérèse, vas-y; ta bonne t'attend.
—Maman, voulez-vous me permettre de faire baigner à ma place la petite fille que nous avons amenée ici?
La maman:—Quelle petite fille? Je ne l'ai pas vue.
Thérèse::—Une pauvre, pauvre petite, qui n'a ni papa, ni maman, ni personne pour la soigner; qui couche dehors, qui ne mange que ce qu'on lui donne. La grand'mère de Camille consent à la garder, mais aucun des domestiques ne veut la toucher.
La maman:—Pourquoi donc?
Thérèse:—Parce qu'elle est si sale, si sale, qu'elle est dégoûtante; alors, maman, si vous voulez bien, je la ferai baigner à ma place; pour ne pas dégoûter ma bonne, je la déshabillerai moi-même, je la savonnerai; je lui couperai les cheveux, qui sont tout emmêlés et pleins de petites puces blanches, mais qui ne sautent pas.