Mes jeunes maîtresses, contentes de n'avoir pas à se céder entre elles, lâchèrent la petite fille; la marchande la prit et la posa à terre.

—Qu'y a-t-il pour votre service, mesdemoiselles? dit la marchande.

Madeleine:—Nous venons acheter de quoi habiller cette petite fille, madame Juivet.

Madame Juivet:—Volontiers, mesdemoiselles. Vous faut-il une robe ou une jupe, ou du linge?

Camille:—Il nous faut tout, madame Juivet; donnez-moi de quoi lui faire trois chemises, un jupon, une robe, un tablier, un fichu, deux bonnets.

Thérèse, bas:—Dis donc, Camille, laisse-moi parler, puisque c'est moi qui paye.

Camille, bas:—Non, tu ne payeras pas tout, nous voulons payer avec toi.

Thérèse, bas:—J'aime mieux payer seule, c'est ma fille.

—Non, elle est à nous toutes, répliqua tout bas Camille.

—Quelle est l'étoffe que prennent ces demoiselles? interrompit la marchande, impatiente de vendre.