Camille:—Eh bien! nous payerons le reste.
Elisabeth:—Tant mieux, cela fait que nous aurons aussi habillé la petite fille.
Madeleine, riant:—Nous voilà donc enfin d'accord, grâce à Mme Juivet: ce n'est pas sans peine.
J'avais tout entendu, puisque la porte était restée ouverte; j'étais indigné contre Mme Juivet, qui faisait payer à mes bonnes petites maîtresses le double au moins de ce que valaient ses marchandises. J'espérais que les mamans ne les laisseraient pas faire le marché. Nous retournâmes à la maison; tout le monde fut d'accord en revenant, ... grâce à Mme Juivet, ... comme avait dit innocemment Madeleine.
Il faisait beau temps; on était assis sur l'herbe devant la maison quand nous arrivâmes. Pierre, Henri, Louis et Jacques avaient pêché dans un des étangs pendant que nous étions au village; ils venaient de rapporter trois beaux poissons et beaucoup de petits. Pendant que Louis et Jacques m'ôtaient mon bât et ma bride, les quatre cousines expliquèrent à leurs mamans ce qu'elles avaient acheté.
—Pour combien d'argent en avez-vous? demanda la maman de Thérèse. Combien te reste-t-il de tes vingt francs, Thérèse?
Thérèse fut un peu embarrassée; elle rougit légèrement.
—Il ne me reste rien, maman, dit-elle.
—Vingt francs pour habiller un enfant de six à sept ans; dit la maman de Camille; mais c'est horriblement cher. Qu'avez-vous donc acheté?
Thérèse ne savait seulement pas ce que Madeleine et Elisabeth s'étaient dépêchées d'acheter, de sorte qu'elle ne put répondre.