Le garde approcha.
Le papa:—Qu'y a-t-il donc, Michaud? Tu as l'air aussi penaud que les chasseurs.
—C'est qu'il y a de quoi, m'sieur, répondit le garde. Nous rapportons un triste gibier.
Le papa, riant:—Qu'est-ce donc? Un mouton, un veau, un ânon?
Le garde:—Ah! m'sieur, il n'a a pas de quoi rire, allez! C'est votre chien Médor, le meilleur de la bande, que M. Auguste a tué, le prenant pour une perdrix.
Le papa:—Médor! le maladroit! Si jamais il revient chasser ici!...
—Approchez, Auguste, lui dit son père. Voilà donc où vous ont mené votre sot orgueil et votre ridicule présomption! Faites vos adieux à vos amis, monsieur; vous allez retourner sur l'heure à la maison, et vous porterez votre fusil dans ma chambre pour n'y plus toucher, jusqu'à ce que vous ayez pris de la raison et de la modestie.
—Mais papa, répondit Auguste d'un air dégagé, je ne sais pas pourquoi vous êtres si fâché. Il arrive très souvent qu'on tue des chiens, à la chasse.
—Des chiens!... On tue des chiens! s'écria le père stupéfait. En vérité, c'est trop fort... Où avez-vous pris ces belles notions de chasse, monsieur.
—Mais, papa, dit Auguste toujours du même air dégagé, tout le monde sait qu'il arrive très souvent aux grands chasseurs de tuer des chiens.