Le papa de Louis:—Non, je ne le savais pas; mais qu'avons-nous affaire d'ânes savants, nous qui avons Cadichon?
Louis:—Voilà précisément ce que nous disons, papa, que Cadichon est plus savant qu'eux tous. Mes soeurs, mes cousines et cousins iront à la foire pour voir cet âne, et nous voudrions bien y mener Cadichon pour qu'il voie comment fait l'âne, et qu'il fasse de même.
Le papa de Jacques:—Comment? vous mettriez Cadichon dans la foule à regarder l'âne?
Jacques:—Oui, papa, au lieu d'aller en voiture, nous monterions Cadichon, et nous nous mettrions tout près du cercle où l'âne savant fera ses tours.
Le papa de Jacques:—Je ne demande pas mieux, moi; mais je ne crois pas que Cadichon apprenne grand'chose en une seule leçon.
Jacques:—N'est-ce pas, Cadichon, que tu sauras faire aussi bien que cet imbécile d'âne savant?
En m'adressant cette question, Jacques me regardait d'un air si inquiet, que je me mis à braire pour le rassurer, tout en riant de son inquiétude.
—Entendez-vous, papa? Cadichon dit oui, s'écria Jacques avec triomphe.
Les deux papas se mirent à rire, embrassèrent chacun leurs gentils petits garçons, et s'en allèrent en promettant que j'irais à la foire et qu'ils y viendraient avec les enfants et avec moi.
—Ah! me dis-je en moi-même, ils doutent de mon adresse! C'est étonnant que les enfants aient plus d'intelligence que les papas!