Ce ne fut qu'après deux heures de prison que Sophie, Marguerite et Camille, auxquelles Madeleine et Élisa avaient raconté la méchanceté de Mimi, obtinrent sa grâce; les quatre petites filles vinrent processionnellement ouvrir la cage. Mimi dédaigna de bouger.
«Allons, Mimi, dit Camille, sois bon garçon et ne boude plus; viens nous dire bonjour comme tu fais tous les matins.»
M. Mimi avait encore de l'humeur; il ne bougea pas. «Dieu! qu'il est méchant!» s'écria Marguerite.
SOPHIE.—Hélas! il fait comme moi jadis: il s'est fâché dans sa prison comme je me suis fâchée dans la mienne, et il a cherché à tout briser comme j'ai déchiré et brisé le livre, le papier et la plume. J'espère qu'il se repentira comme moi. Mimi! Mimi! viens demander pardon.
CAMILLE.—Il ne veut pas venir? Eh bien, laissons-le tranquille; quand il ne boudera plus, nous verrons à lui pardonner.
On ouvrit les fenêtres. Quand Mimi aperçut les arbres et le ciel, il n'y tint pas; il s'élança joyeux hors de sa cage et vola sur un des sapins les plus élevés du jardin. Les enfants allèrent se promener de leur côté, laissant Mimi au bonheur de la liberté et à l'amertume du repentir.
Quand elles revinrent au bout d'une heure, Mimi sautait et volait toujours d'arbre en arbre, Madeleine l'appela: «Mimi, mon petit Mimi, il faut rentrer; viens manger du pain.
—Cuic! répondit Mimi en faisant aller sa petite tête d'un air moqueur.
—Voyons, Mimi, obéissez et rentrez tout de suite.
—Cuic!» répondit encore Mimi; et il s'envola dans le bois.