Le garde dînait avec sa femme. Il se leva lentement et répondit avec la même lenteur:
«Je les ai jetés à l'eau, mesdemoiselles; ils sont dans la mare du potager.»
LES TROIS PETITES ENSEMBLE.—Comme c'est méchant! comme c'est vilain! Maman, maman, voilà Nicaise qui a jeté les petits hérissons dans la mare.
Mmes de Fleurville et de Rosbourg arrivaient à la porte.
MADAME DE FLEURVILLE.—Vous avez eu tort de ne pas attendre,
Nicaise; mes petites désiraient garder ces hérissons.
NICAISE.—Pas possible, madame; ils auraient péri avant deux jours: ils étaient trop petits. D'ailleurs c'est une méchante race que le hérisson. Il faut la détruire.
Mme de Fleurville se retourna vers les petites, muettes et consternées.
«Que faire, mes chères petites, sinon oublier ces hérissons? Nicaise a cru bien faire en les tuant; et, en vérité, qu'en auriez-vous fait? Comment les nourrir, les soigner?»
Les petites trouvaient que Mme de Fleurville avait raison, mais ces hérissons leur faisaient pitié; elles ne répondirent rien et revinrent à la maison un peu abattues.
Elles allaient reprendre leurs leçons, lorsque Sophie arriva sur un âne avec sa bonne.