«Merci, mille fois merci, mes chères amies, je tâcherai de vous imiter, de devenir bonne comme vous. Ah! si j'avais comme vous une maman douce et bonne, je serais meilleure!
Mais j'ai si peur de ma belle-mère; elle ne me dit pas ce que je dois faire, mais elle me bat toujours.
—Pauvre Sophie! dit Marguerite. Je suis bien fâchée de t'avoir détestée.
—Non, tu avais raison, Marguerite, parce que j'ai été vraiment détestable le jour où je suis venue.» Camille et Madeleine demandèrent à Sophie de leur permettre d'achever un devoir de calcul et de géographie. «Dans une demi-heure nous aurons fini et nous irons vous rejoindre au jardin.»
MARGUERITE.—Veux-tu venir avec moi, Sophie? je n'ai pas de devoir à faire.
SOPHIE.—Très volontiers; nous allons courir dehors.
MARGUERITE.—Je vais te raconter ce qui est arrivé ce matin à trois pauvres petits hérissons et à leur maman. Et, tout en marchant, Marguerite raconta toute la scène du matin.
SOPHIE.—Et où les a-t-on jetés, ces hérissons?
MARGUERITE.—Dans la mare du potager.
SOPHIE.—Allons les voir; ce sera très amusant.