—Comment donc, chère madame! vous valez bien la peine qu'on s'habille. Il faut bien user ses vieilles robes à la campagne.»
Et Mme Fichini voulut prendre place sur un fauteuil, près de Mme de Rosbourg; mais la largeur de sa robe, la raideur de ses jupons repoussèrent le fauteuil au moment où elle s'asseyait, et l'élégante Mme Fichini tomba par terre.
Un rire général salua cette chute, rendue ridicule par le ballonnement de tous les jupons, qui restèrent bouffants, faisant un énorme cerceau au-dessus de Mme Fichini, et laissant à découvert deux grosses jambes dont l'une gigotait avec emportement, tandis que l'autre restait immobile dans toute son ampleur.
Mme de Fleurville, voyant Mme Fichini étendue sur le plancher, comprima son envie de rire, s'approcha d'elle et lui offrit son aide pour la relever; mais ses efforts furent impuissants, et il fallut que deux voisins, MM. de Vortel et de Plan, lui vinssent en aide.
À trois, ils parvinrent à relever Mme Fichini; elle était rouge, furieuse, moins de sa chute que des rires excités par cet accident, et se plaignit d'une foulure à la jambe.
Sophie se tint prudemment à l'écart, pendant que sa belle-mère recevait les soins de ces dames; quand le mouvement fut calmé et que tout fut rentré dans l'ordre, elle demanda tout bas à Camille de s'éloigner.
«Pourquoi veux-tu t'en aller? dit Camille; nous allons dîner à l'instant.»
Sophie, sans répondre, écarta un peu ses mains de son ventre, et découvrit une énorme tache de café au lait.
SOPHIE, _très bas.—_Je voudrais laver cela.
CAMILLE, _bas.—_Comment as-tu pu faire cela en voiture?