Sophie suivait avec Camille, Madeleine et Marguerite. Les belles poires la tentaient; elle aurait bien voulu les cueillir et les manger; mais comment faire? Tout le monde la verrait… «Si je pouvais rester toute seule en arrière! se dit-elle. Mais comment pourrai-je éloigner Camille, Madeleine et Marguerite? Qu'elles sont ennuyeuses de ne jamais me laisser seule!»

Tout en cherchant le moyen de rester derrière ses amies, elle sentit que sa jarretière tombait.

«Bon, voilà un prétexte.»

Et, s'arrêtant près du poirier tentateur, elle se mit à arranger sa jarretière, regardant du coin de l'oeil si ses amies continuaient leur chemin.

«Que fais-tu là?» dit Camille en se retournant.

SOPHIE.—J'arrange ma jarretière, qui est défaite.

CAMILLE.—Veux-tu que je t'aide?

SOPHIE.—Non, non, merci; j'aime mieux m'arranger moi-même.

CAMILLE.—Je vais t'attendre alors.

SOPHIE, _avec impatience.—_Mais non, va-t'en, je t'en supplie! tu me gênes.