MARGUERITE.—Non, non. Pas madame qui; seulement madame.

CAMILLE.—Laisse-la, Madeleine; tu vois bien qu'elle est trop petite; elle ne sait pas. Dis-moi, Marguerite, où allais-tu avec ces méchants chevaux qui t'ont fait tomber dans le trou?

MARGUERITE.—J'allais voir ma tante; je n'aime pas ma tante; elle est méchante, elle gronde toujours. J'aime mieux rester avec maman… et avec vous, ajouta-t-elle en baisant la main de Camille et de Madeleine.

Camille et Madeleine embrassèrent la petite Marguerite.

MARGUERITE.—Comment vous appelle-t-on?

CAMILLE.—Moi, je m'appelle Camille, et ma soeur s'appelle
Madeleine.

MARGUERITE.—Eh bien! vous serez mes petites mamans. Maman
Camille et maman Madeleine.

Tout en causant, elles étaient arrivées au château. Mme de Fleurville s'était empressée d'envoyer chercher un médecin et avait fait coucher Mme de Rosbourg dans un bon lit. Son nom était gravé sur une cassette qui se trouvait dans sa voiture, et sur les malles attachées derrière. On avait bandé sa blessure pour arrêter le sang, et elle reprenait connaissance par degrés. Au bout d'une demi-heure, elle demanda sa fille, qu'on lui amena.

Marguerite entra bien doucement, car on lui avait dit que sa maman était malade. Camille et Madeleine l'accompagnaient.

«Pauvre maman, dit-elle en entrant, vous avez mal à la tête?