«Personne, dit Léon; c'est trop fort; il faut les poursuivre. À moi, Jean, à moi!»
Et il se précipita à son tour dans le fourré. Au bout de quelques instants on entendit des cris partis du bois:
«Le voilà! le voilà! il est pris!
—Non, il s'échappe!
—Attrape-le! à droite! à gauche!» Sophie, Marguerite, Camille, Madeleine écoutaient avec anxiété, tout en riant encore. Elles virent Jean sortir du bois, échevelé, les habits en désordre. Au même instant, Léon en sortit dans le même état, demandant à Jean avec empressement: «L'as-tu vu? Où est-il? Comment l'as-tu laissé aller?
—Je l'ai entendu courir dans le bois, répondit Jean, mais, de même que toi, je n'ai pu le saisir ni même l'apercevoir.»
Pendant qu'il parlait, Jacques, rouge, essoufflé, sortit aussi du bois et leur demanda d'un air malin ce qu'il y avait, pourquoi ils avaient crié et qui ils avaient poursuivi dans le bois.
LÉON, _avec humeur.—_Fais donc l'innocent, rusé que tu es. Tu sais mieux que nous qui nous avons poursuivi et par quel côté il s'est échappé.
JEAN.—J'ai bien manqué de le prendre tout de même; sans Jacques qui est venu me couper le chemin dans un fourré, je l'aurais empoigné.
LÉON.—Et tu lui aurais donné une bonne leçon, j'espère.