—Oh! moi, je comprends, dit doucement Marguerite en rendant à Paul ses baisers. Papa ne sera plus marin; lui et Paul resteront avec nous; c'est papa qui sera notre maître.

C'est cela, n'est-ce pas, Paul?

PAUL.—Oui, oui, ton coeur a deviné, ma petite soeur chérie.

—Et moi donc! qu'est-ce que je deviens dans tout cela? demanda
Sophie. C'est joli, monsieur, de m'oublier dans un pareil moment!

PAUL.—Tiens! je peux bien t'avoir oubliée un instant, toi qui m'as oublié pendant cinq ans.

SOPHIE.—Oh! mais moi, j'étais petite!

PAUL.—Et moi, je suis grand. Voilà pourquoi je comprends le bonheur de vivre près de mon père et d'être élevé par lui.

MARGUERITE.—Mais pourquoi donc nous quitterais-tu, Sophie? nous vivrons tous ensemble comme avant.

SOPHIE.—Je crois que c'est impossible. Ton père voudra être chez lui.

MARGUERITE.—Eh bien! nous t'emmènerons.