PAUL, _très vivement.—_Quand on parle de M. de Rosbourg, on en parle avec respect, mademoiselle. M. de Rosbourg est un brave capitaine de vaisseau, et personne n'en parlera légèrement devant moi. Entendez-vous, mademoiselle Tourne-Broche?
MADEMOISELLE YOLANDE, _avec dignité.—_Tourne-Boule, monsieur.
PAUL.—Tourne-Boule, Tourne-Broche: c'est tout un. Laissez-nous tranquilles avec vos airs.
—Paul, dit M. de Rosbourg qui s'était approché, tu oublies que mademoiselle est en visite ici.
PAUL.—Eh! mon père, c'est mademoiselle qui oublie qu'elle est en visite chez nous et qu'elle n'a pas le droit de faire l'impertinente ni la princesse; je ne lui permettrai jamais de parler de vous comme elle l'a fait.
M. DE ROSBOURG.—Mon pauvre enfant, que nous importe? Sait-elle ce qu'elle dit seulement? Voyons, au lieu de rester au salon, allez tous vous promener: la connaissance se fera mieux dehors que dedans.
Camille et Madeleine proposèrent avec empressement à Mlle Yolande d'aller voir leur petit jardin. Elle y consentit.
On se mit en route; Mlle Yolande marchait majestueusement, poussant de temps en temps un cri lorsqu'elle posait le pied sur une pierre ou quand elle apercevait soit une grenouille, soit un ver ou d'autres insectes tout aussi innocents. Voyant que ses cris n'attiraient l'attention de personne, elle ne pensa plus à faire l'effrayée et l'on arriva au jardin.
«Ce ne sont pas des chalets», dit-elle avec dédain en regardant la cabane.
CAMILLE.—Ce ne sont que des maisonnettes bâties par nous-mêmes, comme vous l'a dit Marguerite.