MARGUERITE.—Est-ce parce qu'il a refusé vos bals et vos valses?
MADEMOISELLE YOLANDE.—Parce qu'il ne sait pas les usages du monde.
MARGUERITE.—Cela dépend de quel monde, mademoiselle; si c'est du vôtre, c'est possible; aucun de nous n'y a jamais été; mais, si c'est du monde poli, bien élevé, comme il faut, il en connaît les usages, aussi bien que mes amies, leurs parents et les nôtres.
MADEMOISELLE YOLANDE.—Mademoiselle… Marguerite, je crois, sachez que les Tourne-Boule sont nobles et puissants seigneurs, et que leurs armes…
MARGUERITE.—Sont un tourne-broche, nous le savons bien…
MADEMOISELLE YOLANDE.—Mademoiselle, vous êtes une petite insolente…
—Pas un mot de plus! cria Paul d'une voix impérieuse. Silence! ou je vous ramène à vos parents de gré ou de force… Viens, petite soeur, ajouta-t-il d'une voix calme, laissons cette petite qui veut faire la grande; viens avec moi, Sophie et… avec qui encore? dit-il en se retournant vers les autres.
Jean et Jacques répondirent ensemble: «Et avec nous.» Léon fit signe qu'il restait pour protéger ses pauvres cousines Camille et Madeleine obligées par politesse de rester près de Mlle Yolande. Elle leur parla tout le temps des richesses de son père, de sa puissance, de ses relations.
À Paris il ne voyait que des ducs, des princes, des marquis et, par condescendance, quelques comtes d'illustres familles. Elle parla de ses toilettes, de ses dépenses…
«Papa me donne tout ce que je veux, dit-elle. La toilette que vous me voyez n'est rien auprès de celles que j'ai à Paris; Maman a tous les jours une robe neuve; elle dépense cinquante mille francs par an pour sa toilette.