«Quant au flacon d'huile de senteur, c'est le présent de noces de votre cousin; vous aimez les parfums, celui-ci a des vertus particulières; servez-vous-en aujourd'hui même. Demain je reviendrai vous chercher et vous ramener tous dans votre royaume.

—J'ai renoncé à mon royaume, Madame; je veux vivre ici avec ma chère Violette....

—Et qui donc gouvernera votre royaume, mon fils? interrompit la reine Aimée.

—Ce sera vous, ma mère, si vous voulez bien en accepter la charge», répondit le prince.

La reine allait refuser la couronne de son fils, quand la fée la prévint:

«Demain nous reparlerons de cela, dit-elle; en attendant, vous, Madame, qui désirez un peu la couronne que vous alliez pourtant refuser, je vous défends de l'accepter avant mon retour; et vous, cher et aimable prince, ajouta-t-elle d'une voix, douce accompagnée d'un regard affectueux, je vous défends de la proposer avant mon retour. Adieu, à demain. Quand il vous arrivera bonheur, mes chers enfants, pensez à votre amie la fée Drôlette.»

Elle remonta dans son char; les alouettes s'envolèrent rapidement, et bientôt elle disparut, laissant derrière elle un parfum délicieux.

XIII

LA RÉCOMPENSE

Le prince regarda Violette et soupira. Violette regarda le prince et sourit.