Au même instant, le Géant siffla à faire trembler la montagne; le mur et le Géant disparurent immédiatement, et Henri put continuer sa route.

V

LA CHASSE

Il n'était plus qu'à une demi-heure de marche du sommet de la montagne, lorsqu'il se vit arrêté par un précipice si large qu'il était impossible de sauter de l'autre côté, et si profond qu'il n'en voyait pas le fond.

Henri ne perdit pas courage; il suivit le bord du précipice jusqu'à ce qu'il fût revenu à l'endroit d'où il était parti; il vit alors que le précipice tournait autour de la montagne.

«Que faire? dit le pauvre Henri; à peine ai-je franchi un obstacle, qu'il s'en élève un autre. Comment passer ce précipice?»

Et le pauvre enfant sentit, pour la première fois, ses yeux pleins de larmes: il chercha le moyen de passer ce précipice; il n'en trouva pas et il s'assit tristement au bord. Tout à coup il entendit un effroyable rugissement; en se retournant, il vit, à dix pas de lui, un Loup énorme qui le regardait avec des yeux flamboyants.

«Que viens-tu chercher dans mes domaines? dit le Loup d'une voix formidable.

—Monseigneur le Loup, je viens chercher la plante de vie pour ma pauvre maman qui se meurt. Si vous pouvez me faire passer ce précipice, je serai votre serviteur dévoué pour tout ce que vous me commanderez.

—Eh bien, mon garçon, si tu peux attraper tout le gibier qui est dans mes forêts, oiseaux et quadrupèdes, et me les mettre en rôtis et en pâtés, foi de génie de la montagne, je te ferai passer de l'autre côté du précipice. Tu trouveras près de cet arbre tout ce qu'il te faut pour ta chasse et ta cuisine. Quand tu auras fini, tu m'appelleras.»