—Ma belle robe de percale blanche que je mets les jours de fête, ma bonne nourrice.
—Ma pauvre petite, cette robe, convenable pour la campagne, sera bien misérable pour une réunion de rois et de princes.
—Eh! qu'importe, ma bonne! Mon père dit lui-même que personne ne me regardera. Cela me mettra beaucoup plus à l'aise: je verrai tout, et personne ne me verra.»
La nourrice soupira, ne répondit rien et se mit à raccommoder, à blanchir et à repasser la robe de Rosette. La veille du jour où l'on devait venir la chercher, elle l'appela et lui dit:
«Voici, ma chère enfant, ta toilette pour les fêtes du roi; ménage bien ta robe, car tu n'en as pas d'autre, et je ne serai pas là pour la blanchir ou la repasser.
—Merci, ma bonne nourrice; sois tranquille, j'y ferai bien attention.»
La nourrice réunit dans une petite caisse la robe, un jupon blanc, des has de coton, des souliers de peau noire et un petit bouquet de fleurs que Rosette devait mettre dans ses cheveux. Au moment où elle allait fermer la caisse, la fenêtre s'ouvrit violemment, et la fée Puissante entra.
«Tu vas donc à la cour du roi ton père, ma chère Rosette? dit la fée.
—Oui, chère marraine, j'y vais pour trois jours.
—Et quelles toilettes as-tu préparées pour ces trois jours?