—Tenez, Monsieur Blaise, voilà du papier, dit un des domestiques en lui tournant autour de la tête un papier sale et huileux.

—Monsieur Blaise, voilà de la colle, dit un autre en lui versant sur la tête une tasse d'eau sale.

—Monsieur Blaise voici des couleurs», dit un troisième en lui remplissant de cirage le visage et les mains.

Le pauvre Blaise parvint à s'arracher d'entre les mains de ces domestiques méchants et grossiers. Il ne crut pas convenable de rentrer ainsi fait chez Jules, et courut chez lui pour se débarbouiller et changer de vêtements. Son père et sa mère furent effrayés de le voir revenir mouillé, noirci; mais il les rassura en leur expliquant qu'il n'avait d'autre mal que l'humiliation des mauvais traitements dont il leur rendit compte.

«Et quant à cela, papa, dit-il, j'en dois être heureux, puisque Notre-Seigneur s'est laissé bien autrement humilier pour me sauver.

ANFRY

Cela n'empêche pas, mon pauvre garçon, que tu ne retourneras plus dans cette maison de malheur.

BLAISE

Je vous demande au contraire, papa, de vouloir bien me permettre d'y retourner, parce que, cette fois, ce n'est pas la faute de M. Jules; il m'attend toujours, et il doit trouver que je mets bien du temps à faire sa commission.

ANFRY