—Et moi des sucreries!
—Et moi donc qui suis le chef, je lui donnerai à emporter chaque jour les restes du dîner. On sait bien ce que sont les restes d'une cuisine pour les amis; de quoi nourrir toute la famille et largement.
—Ha! ha! ha! Oui, ils sont drôles vos restes. L'autre jour un gigot entier à la petite Lucie, la repasseuse. Hier un gâteau pas seulement entamé à la bouchère. Ce matin, une livre de beurre à la voisine.
—Tu n'as pas besoin de crier si haut, dit le chef avec humeur. Tu as bien porté, l'autre jour, un panier de vin au village!
—Tiens, je crois bien, c'était pour faire honneur au repas que donnait l'épicier.»
La sonnette qui se fit entendre mit fin à cette conversation intime; un des domestiques se précipita pour répondre à l'appel.
«Monsieur le comte à sonné? dit-il en ouvrant avec précaution la porte de Jules.
—Oui, apportez-moi à déjeuner pour deux! Blaise déjeune avec moi.
—Oui, Monsieur le comte; tout de suite.»
Cinq minutes après, le domestique apportait une petite table avec deux couverts, une volaille froide, du jambon, du beurre frais et des fruits.