Comme tu es changé, mon pauvre Jules! Tu as donc été plus malade que nous ne le pensions?

JULES

Oui, j'ai été bien malade, Hélène! bien malade du corps et de l'âme. Mais je suis guéri maintenant, grâce à Dieu... et à Blaise», ajouta-t-il en lui-même.

Hélène dit bonjour aux domestiques rassemblés; ses yeux semblaient chercher quelqu'un; elle se hasarda à demander timidement:

«Où est Blaise? J'ai beau regarder de tous côtés, je ne le vois pas parmi les gens de la maison.

—Tu le verras ce soir; il doit venir après dîner.

—Ah! il vient donc au château, maintenant?

—Oui, quelquefois», dit Jules en souriant.

Ce sourire attira l'attention d'Hélène; ce n'était pas le sourire moqueur et méchant d'autrefois, mais un sourire doux et bon qu'elle n'avait jamais vu à son frère. Elle remarqua alors combien Jules était embelli et le changement qu'avait subi toute sa personne et surtout sa physionomie.

«Qu'as-tu donc aujourd'hui? Je ne t'ai jamais vu ainsi. Tu as l'air tout autre.