L'OBÉISSANCE
Jules avait été reçu sèchement par sa mère quand il alla lui dire bonsoir; pourtant elle l'embrassa en souriant.
«J'espère, lui dit-elle, que tu retrouveras le bon sens que t'a fait perdre la maladie, et que tu ne recommenceras pas le coup de théâtre dont tu m'as gratifiée ce soir. Quant à ton nouvel ami, qui n'est pas une société convenable pour toi, je te prie d'aller dès demain lui signifier que je lui défends de mettre les pieds chez moi, chez Hélène, chez toi. Si ton père veut le recevoir, je ne puis l'en empêcher; mais je ne laisserai pas ce petit paysan s'établir chez moi ni chez mes enfants.
—Je vous obéirai, maman, répondit Jules avec tristesse, mais ce que vous m'ordonnez m'est fort pénible et m'enlève une grande consolation.
LA COMTESSE
Depuis quand as-tu besoin de consolation?
JULES
Depuis que j'ai senti combien j'avais été mauvais et combien j'avais offensé le bon Dieu.
LA COMTESSE, souriant
A merveille, mon ami! vous voilà maintenant devenus bien dévots, ton père et toi! On ne parle plus que pour prêcher. Mais je te prie de me faire grâce de tes sentences religieuses; je ne suis pas encore arrivée au point de vous comprendre.