«Maman, je souffre cruellement; devant M. le comte, j'ai cherché à dissimuler ma souffrance pour ne pas l'inquiéter; mais je crains d'avoir plus qu'une entorse: il me semble que j'ai le pied démis.

MADAME ANFRY

Démis! Seigneur Dieu! Je vais vite appeler ton père pour qu'il aille chercher le médecin: Pourquoi ne l'as-tu pas dit à M. le comte? Il aurait envoyé un cabriolet pour chercher le médecin; nous l'aurions déjà.

BLAISE

Je n'ai pas voulu l'effrayer; il est bon et il m'aime bien; il se serait tourmenté, et il aurait attristé M. Jules et Mlle Hélène.

MADAME ANFRY

Tu penses toujours aux autres et jamais à toi; c'est trop, mon Blaisot, trop, cela. Anfry, Anfry, continua-t-elle en allant dans le jardin, va vite chercher le médecin pour notre garçon; il croit avoir le pied démis; il n'a pas voulu le dire à M. le comte, pour ne pas le chagriner, et il souffre l'impossible.»

Anfry jeta sa bêche, courut à Blaise, examina son pied et sortit précipitamment pour aller chez le médecin. Il le trouva heureusement chez lui et l'emmena voir son fils.

Quand M. Taillefort vit le pied de Blaise, il reconnut, malgré l'enflure, qu'il y avait, en effet, plus qu'une entorse; le pied était démis; il fallait le remettre.

«L'opération sera très douloureuse, mon pauvre garçon, dit-il à Blaise, mais ce sera vite fait; prenez courage et laissez-moi faire: ce ne sera pas long.