«Mon cher Blaise, papa nous a raconté ton accident et ton courage; Jules et moi, nous sommes si tristes de te savoir souffrant, que nous ne résistons plus au désir de te voir...»

Hélène quitte encore sa plume et regarde sa mère d'un air ébahi; Jules reste debout, l'oeil fixe, l'oreille tendue; le comte, extrêmement surpris et non moins intrigué, ne quitte pas sa femme des yeux.

LA COMTESSE

Continue, Hélène: «... que nous ne résistons plus au désir de te voir, et que demain...

Deux cris de joie s'échappent des lèvres de Jules et d'Hélène; le comte se lève.

LA COMTESSE, toujours avec calme

«...que demain nous irons chez toi avant neuf heures, pour que maman ne le sache pas. Si tu veux, nous pourrons y retourner tous les jours, matin et soir, en mettant papa dans notre confidence. Nous t'embrassons bien tendrement, mon bon Blaise; nous t'apporterons demain des livres, des couleurs, des images à peindre, et tout ce qui pourra t'amuser.»

La plume tomba des mains d'Hélène stupéfaite; le comte s'approcha de la comtesse, lui prit la main et lui dit avec émotion:

«Julie, votre intention est bonne, je n'en doute pas, je vous en remercie; mais vous proposez aux enfants une action déloyale, et vous leur faites jouer près du pauvre Blaise le rôle du démon tentateur.

LA COMTESSE