—Partons bien vite, dit la comtesse en mettant son chapeau: j'ai hâte d'embrasser ce pauvre garçon et de lui entendre dire qu'il ne m'en veut pas.»

Le comte donna le bras à sa femme, après l'avoir tendrement embrassée, et tous se dirigèrent vers la demeure de Blaise, où ils ne tardèrent pas à arriver.

«Nous voici au grand complet, mon cher enfant», dit le comte d'un air joyeux en entrant.

Blaise se retourna vivement, son visage devint radieux, et il rougit en voyant la comtesse s'approcher de lui et l'embrasser à plusieurs reprises.

«Je viens te faire mes excuses de vive voix, pauvre enfant calomnié et outragé; je n'avais pas assez de vertu pour comprendre la tienne, ni assez de sagesse pour deviner le mobile de tes actions.

—Oh! Madame la comtesse! de grâce! ne dites pas cela! Non, non, je vous en prie, ne le répétez pas, dit Blaise, voyant que la comtesse s'apprêtait à parler. Je pourrais avoir le malheur de prendre au sérieux ce que vous dictent votre trop grande indulgence et votre bonté. Et que deviendrait ma première communion sans esprit d'humilité? Je vous remercie mille fois, Madame la comtesse, vous êtes bonne! vous m'avez rendu si heureux!

LA COMTESSE

Je voudrais bien, mon pauvre enfant, n'avoir jamais que du bonheur à te donner. Comme je te l'ai écrit, prie Dieu pour que mes yeux s'ouvrent tout à fait à ce qui est bon et chrétien.

—Tu as meilleure mine que ce matin, mon ami, dit le comte d'un air affectueux; c'est le bonheur qui te fait oublier tes maux.

—Je ne souffre plus, cher Monsieur le comte; je n'ai plus rien à oublier. Mme la comtesse vient de fermer ma dernière plaie.