—Le pays y gagnera; ils font beaucoup de bien depuis qu'ils sont amendés.

—C'est le petit Anfry qui a demandé au comte de garder la fermière Françoise, qui devait partir. Ils ont un nouveau bail de six ans, et ils sont bien contents.

—Chut, c'est fini; chacun reprend sa place.»

Quand la messe fut finie et que l'église fut à peu près vide, il y resta encore cinq personnes, qui priaient avec ferveur et qui ne songeaient pas au temps qui s'écoulait.

Le curé, au moment de quitter l'église, vint s'agenouiller une dernière fois devant l'autel; il vit les deux enfants à genoux sur la dalle, les mains jointes, les yeux fermés, l'air si recueilli qu'il s'arrêta pour les contempler.

«Mes enfants, leur dit-il enfin, levez-vous; une plus longue prière à genoux sur la pierre pourrait vous fatiguer; conservez le bon Dieu dans votre coeur, et souvenez-vous que toute votre vie peut devenir une prière continuelle, en faisant toutes vos actions pour l'amour du bon Dieu.»

Jules et Blaise se relevèrent en silence et suivirent le curé, qui se dirigeait vers le comte et la comtesse. Aux premières paroles de félicitation du curé, le comte releva son visage baigné de larmes, et, voyant l'inquiétude qui se peignait sur le visage du bon prêtre:

«Les larmes que je répands, dit-il en se levant et marchant près du curé, sont le trop-plein d'un coeur inondé de joie et de bonheur. C'est à Blaise que je les dois, et ma reconnaissance augmente à mesure que j'avance dans la voie où il m'a fait entrer.

LE CURÉ

Blaise est un saint enfant, monsieur le comte; plus qu'aucun autre je suis à même d'apprécier la grandeur de ses vertus et la beauté de ses sentiments. Je le dis tout bas, de peur qu'il ne m'entende et ne prenne de l'orgueil de mes paroles; mais en vérité cet enfant a la sagesse, la vertu et l'onction d'un saint.