En approchant de la maison d'Anfry, les enfants virent avec surprise un va-et-vient des domestiques du château. Blaise en fut touché.

«C'est bien bon à eux, dit-il, de penser à féliciter mes parents pour ma première communion; je ne les croyais pas si attentifs.»

Arrivés au seuil de la porte, ils virent avec surprise une table dressée dans la salle. Le couvert était très simple; c'était la vaisselle d'Anfry qui couvrait la table; une nappe grossière, des assiettes en faïence, des verres communs, des pots au lieu de carafes, des couverts en fer étamé, des salières en faïence bleue, des chaises de paille, quelques bouteilles de vieux vin faisaient tache dans cette demi-pauvreté. Il y avait sept couverts, et les domestiques couvraient la table des plats qu'ils apportaient du château.

BLAISE

Qu'est-ce donc que cela? Pourquoi y a-t-il sept couverts, et pourquoi sont-ce les domestiques de M. le comte qui apportent tous ces plats?

LE COMTE, souriant

Parce que nous nous sommes invités à dîner chez tes parents, mon cher enfant; nous avons pensé, ta mère et moi, qu'un jour de première communion on doit avoir la force de supporter des contrariétés, et nous vous imposons celle de dîner avec nous, chez toi, Blaise.

—Quel bonheur! quel bonheur! s'écrièrent les trois enfants en perdant toute leur gravité et en sautant autour de la table.

—Oh! monsieur le comte, dit Blaise, pour le coup je m'oublie, et je vous embrasse de toutes mes forces.»

Et, se jetant au cou du comte, Blaise l'embrassa plusieurs fois. Le comte était heureux du succès de son invention.