Ah bien! ce serait honteux pour vous de crier pour rien du tout. Mais, tout de même, comme on pourrait croire que c'est moi qui vous fais crier, il faut bien que je m'en retourne avec vous, et que je laisse mon chat sans demander à qui il appartient.»

Et Blaise, pas trop content de renoncer aux fours à chaux, suivit Jules, qui marchait très vite pour rentrer à la maison le plus tôt possible. A cent pas de l'avenue du château ils rencontrèrent Hélène et sa bonne, qui les cherchaient de tous côtés.

HÉLÈNE

Où as-tu été, Jules? Maman n'est pas contente; elle a su que tu étais sorti avec Blaise; elle craint qu'il ne te soit arrivé quelque accident; il est très tard, nous devrions être couchés depuis longtemps; allons, mon frère, rentrons vite, tu vas être grondé.

JULES

Ce n'est pas ma faute, c'est Blaise qui m'a emmené bien loin; il m'a mené dans des chemins dangereux, j'ai manqué d'être mangé par des chiens énormes, et puis j'ai manqué d'être étranglé par les fantômes du cimetière!

HÉLÈNE

Qu'est-ce que tu dis? Les fantômes du cimetière! Tu sais bien qu'il n'y a pas de fantômes.

BLAISE

Ne l'écoutez pas, Mademoiselle; en fait de fantômes, nous n'avons vu qu'un gros chat blanc monté sur le mur du cimetière. Je l'ai malheureusement tué d'un coup de pierre. Et quant à emmener M. Jules, c'est bien lui qui a voulu absolument venir avec moi, et j'aurais mieux aimé qu'il ne vint pas, j'ai tout fait pour l'empêcher de m'accompagner.