Maman m'attend pour déjeuner, Monsieur.

JULES

Eh bien, elle attendra deux minutes de plus, voilà tout.»

Blaise ne voulait pas lui faire voir les poulets, parce qu'il craignait que Jules ne leur fît mal ou ne les fît échapper; il voulut donc continuer son chemin, mais Jules saisit l'anse du panier et chercha à le lui arracher. Blaise le retenait de toutes ses forces, et il allait le dégager des mains de Jules, lorsque celui-ci, se sentant le plus faible, ramassa une poignée de sable et la lui jeta dans les yeux. La douleur fit lâcher prise à Blaise; Jules saisit le panier et l'emporta en triomphe. Il courut dans un massif, près d'une mare, pour examiner ce que contenait le panier. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant les poulets qui y étaient renfermés!»

«Ce voleur de Blaise, s'écria-t-il, voilà pourquoi il ne voulait pas me laisser voir ce qu'il emportait dans son panier. Ce sont des poulets qu'il a volés dans notre basse-cour, et qu'il portait à son voleur de père pour les manger ensemble. Ah! tu crois que tu mangeras mes poulets, mauvais garçon! Tiens, viens chercher ton déjeuner.»

En disant ces mots, le méchant Jules tira les poulets du panier les uns après les autres et les jeta dans la mare. Les pauvres bêtes se débattirent quelques instants, puis restèrent immobiles, les ailes étendues, flottant sur l'eau.

Jules fut enchanté de son succès et retourna tranquillement à la maison. Il entra chez son père.

«Papa, dit-il, vous devriez défendre à Blaise de mettre les pieds dans notre basse-cour; je viens de le surprendre emportant, bien cachés dans un panier, quatre poulets qu'il venait de voler dans notre poulailler.

M. DE TRÉNILLY Tu ne sais pas ce que tu dis, mon ami, je n'ai ni poulets ni poulailler.

JULES