—Charles, l'embrassant:—Je vous souhaite bien du bonheur, Marianne; vous avez été très bonne pour moi, et c'est ce que je n'oublierai jamais. Et toi, Juliette, tu ne dis rien à Marianne?

Juliette, s'essuyant les yeux:—Que veux-tu que je dise, Charles? Je suis désolée de causer de la peine à ma soeur, d'amener des discussions entre toi et elle; mais que puis-je faire? Aller demeurer chez le juge? Cela m'est impossible! Et où irais-je, si ce n'est chez toi?»

Marianne impatientée quitta la salle.

Charles, s'asseyant près de Juliette:—C'est bien mon avis aussi; tu vivras chez moi, ce qui veut dire chez toi, avec Betty qui t'aime, avec Donald qui t'aime, et si, comme dit Marianne, on trouve la chose mauvaise, alors... alors, Juliette, tu feras comme Marianne, tu te marieras.

Juliette:—Moi, me marier? Moi aveugle? Moi, à vingt-quatre ans, presque vingt-cinq?

Charles:—Tout cela n'empêche pas de se marier, Juliette.

Juliette:—Non, mais tout cela ne permet à aucun homme de me prendre pour sa femme.

Charles:—J'en sais un qui te connaît, qui t'aime, qui n'ose pas te demander, parce qu'il craint d'être repoussé, et qui verrait tous ses voeux comblés si tu l'acceptais.

Juliette:—Je n'en veux pas, Charles, je n'en veux pas. Je te supplie, je te conjure de ne plus m'en parler, ni de celui-ci ni d'aucun autre.

Charles:—Je ne t'en parlerai plus, à une seule condition: c'est que tu me diras avec confiance, avec amitié, pourquoi tu n'en veux pas.