Juliette, tristement:—Alors fais comme tu voudras, mon pauvre Charles; que le bon Dieu te protège et te vienne en aide! Adieu.

—Adieu, Juliette, et au revoir, dit Charles en déposant un baiser sur son front. Adieu. Es-tu contente de moi?

—Pas tout à fait! Mais cela viendra, avec le temps... et de la patience, dit-elle en souriant.

Charles sortit et soupira.

«Cette pauvre, bonne Juliette! Elle en a de la patience, elle! Comme elle est douce! Comme elle supporte son malheur,... car c'est un malheur,... un grand malheur d'être aveugle! Elle est bien plus malheureuse que moi! Demander pardon! m'a-t-elle dit... A cette femme que je déteste!... C'est impossible: je ne peux pas!»

Charles rentra avec un sentiment d'irritation; il entra dans la chambre de sa cousine, qui dormait encore, heureusement pour lui; il retira le livre de la boite à thé, et voulut prendre le tricot caché au fond du foyer: mais, en allongeant sa main pour l'atteindre, il accrocha la pincette, qui retomba avec bruit; la cousine s'éveilla.

«Que faites-vous à ma cheminée, mauvais sujet?

—Je ne fais pas de mal à la cheminée, ma cousine, répondit Charles, prenant courageusement son parti; je cherche à retirer votre ouvrage qui est au fond.

Madame Mac'Miche:—Mon ouvrage! au fond de la cheminée! Comment se trouve-t-il là dedans? Je l'avais près de moi.

Charles, résolument:—C'est moi qui l'y ai jeté, ma cousine.