IV
LE FOUET; LE PARAFOUET
Pendant que se passait ce que nous venons de raconter. Charles était allé chercher du calme près de sa cousine et amie Juliette; il l'avait trouvé seule comme il l'avait laissée; il lui raconta le peu de succès de son bon mouvement, et le moyen qu'il avait employé pour se préserver d'une rude correction.
Juliette:—Mon pauvre Charles, tu as eu très grand tort; il ne faut jamais faire à ta cousine des menaces si affreuses, et que tu sais bien ne pas pouvoir exécuter.
Charles:—Je l'aurais parfaitement exécutée; j'étais prêt à mettre le feu aux rideaux, et j'étais très décidé à le faire.
Juliette:—Oh! Charles, je ne te croyais pas si mauvais! Et qu'en serait-il arrivé? On t'aurait mis dans une prison, où tu serais resté jusqu'à seize ou dix-huit ans.
Charles:—En prison! Quelle folie!
Juliette:—Oui, mon ami, en prison; on a condamné pour incendie volontaire des enfants plus jeunes que toi!
Charles:—Je ne savais pas cela! C'est bien heureux que tu, me l'aies dit, car j'aurais recommencé à la première occasion.
Juliette:—Oh non! tu n'aurais pas recommencé, d'abord par amitié pour moi, et puis parce que Betty aurait caché toutes les allumettes et ne t'aurait pas laissé faire.