Mais il songea d'abord à lui-même, et, avant d'aller chez Marianne et chez Juliette, il alla chez le juge de paix solliciter sa protection pour ne pas être remis sous la tutelle de la cousine Mac'Miche, et pour être confié à la direction de Marianne.

XV

MADAME MAC'MICHE DÉGORGE ET S'ÉVANOUIT

Le juge de paix, voyant entrer Charles:—Comment, te voilà, mon garçon? Eh bien! tu n'as pas fait une longue station à Fairy's Hall Comment t'en es-tu tiré? Est-ce pour longtemps?

Charles:—Pour toujours, monsieur le juge! Et je viens vous demander votre appui pour ne pas rentrer chez ma cousine Mac'Miche, qui, d'ailleurs, ne veut pas de moi; et puis, pour me permettre de vivre chez mes cousines Daikins.

Le juge:—Ecoute, mon ami; pour moi, ça m'est égal; mais tu ne dépends pas de moi seul, Tes cousines Daikins ne sont pas riches tu le sais bien; peut-être ne voudront-elles pas de toi. Elles n'auront pas de quoi t'entretenir.

Charles:—Mais moi, je suis riche, Monsieur le juge, et je leur abandonne volontiers tout ce que j'ai.

Le juge:—Tu m'en as déjà touché un mot; tu m'as dit que tu avais cinquante mille francs; ta cousine Marianne m'en a parlé aussi; mais la cousine Mac'Miche jure ses grands dieux que ce n'est pas vrai, que tu n'as rien.

Charles:—Elle ment; elle ment, Monsieur le juge. Demandez à Marianne qu'elle vous fasse voir ses preuves; vous saurez de quel côté est la vérité.

Le juge:-Je verrai, je m'en occuperai, mon ami; en attendant, je t'accorde volontiers l'autorisation de vivre chez tes cousines Daikins; voilà deux braves filles, et qui ne ressemblent pas à la cousine Mac'Miche!