5. Nan-young trois fois par jour répétait l'ode Pe-koueï du Livre des Vers. KHOUNG-TSEU lui donna la fille de son frère en mariage.
6. Ki-kang-tseu demanda lequel des disciples du Philosophe avait le plus d'application et d'amour pour l'étude. KHOUNG-TSEU répondit avec déférence: C'était Yan-hoeï qui aimait le plus l'étude! mais, malheureusement, sa destinée a été courte; il est mort avant le temps. Maintenant c'en est fait; il n'est plus!
7. Yan-youan étant mort, Yan-lou (père de Yan-youan) pria qu'on lui remît le char du Philosophe pour le vendre, afin de faire construire un tombeau pour son fils avec le prix qu'il en retirerait.
Le Philosophe dit: Qu'il ait du talent ou qu'il n'en ait pas, chaque père reconnaît toujours son fils pour son fils. Li (ou Pe-yu, fils de KHOUNG-TSEU) étant mort, il n'eut qu'un cercueil intérieur, et non un tombeau. Je ne puis pas aller à pied pour faire construire un tombeau [à Yan-youan]; puisque je marche avec les grands dignitaires, je ne dois pas aller à pied.
8. Yan-youan étant mort, le Philosophe dit: Hélas! le ciel m'accable de douleurs! hélas! le ciel m'accable de douleurs!
9. Yan-youan étant mort, le Philosophe le pleura avec excès. Les disciples qui le suivaient dirent: Notre maître se livre trop à sa douleur.
[Le Philosophe] dit: N'ai-je pas éprouvé une perte extrême?
Si je ne regrette pas extrêmement un tel homme, pour qui donc éprouverais-je une pareille douleur?
10. Yan-youan étant mort, ses condisciples désirèrent lui faire de grandes funérailles. Le Philosophe dit: Il ne le faut pas.
Ses condisciples lui firent des funérailles somptueuses.