Le Philosophe dit: Vous avez fait du tort à ce jeune homme.
Tseu-lou dit: Il aura des populations à gouverner, il aura les esprits de la terre et des grains à ménager; qu'a-t-il besoin de lire des livres [en pratiquant les affaires comme il va le faire]? il deviendra par la suite assez instruit.
Le Philosophe dit: C'est là le motif pourquoi je hais les docteurs de cette sorte.
25. Tseu-lou, Thseng-sie[8], Yan-yeou, Kong-si-hoa, étaient assis aux côtés du Philosophe.
Le Philosophe dit: Ne serais-je même que d'un jour plus âgé que vous, n'en tenez compte dans nos entretiens [n'ayez aucune réserve par rapport à mon âge].
Demeurant à l'écart et dans l'isolement, alors vous dites: Nous ne sommes pas connus. Si quelqu'un vous connaissait, alors que feriez-vous?
Tseu-lou répondit avec un air léger, mais respectueux: Supposé un royaume de dix mille chars de guerre, pressé entre d'autres grands royaumes, ajoutez même, par des armées nombreuses, et qu'avec cela il souffre de la disette et de la famine; que Yeou (Tseu-lou) soit préposé à son administration, en moins de trois années je pourrais faire en sorte que le peuple de ce royaume reprît un courage viril et qu'il connût sa condition. Le Philosophe sourit à ces paroles.
Et vous, Khieou, que pensez-vous?
Le disciple répondit respectueusement: Supposé une province de soixante ou de soixante et dix li d'étendue, ou même de cinquante ou de soixante li, et que Khieou soit préposé à son administration, en moins de trois ans je pourrais faire en sorte que le peuple eût le suffisant. Quant aux rites et à la musique, j'en confierais l'enseignement à un homme supérieur.
Et vous, Tchi, que pensez-vous?