10. Tseu-tchang fit une question concernant la manière dont on pouvait accumuler des vertus et dissiper les erreurs de l'esprit. Le Philosophe dit: Mettre au premier rang la droiture et la fidélité à sa parole; se livrer à tout ce qui est juste [en tâchant de se perfectionner chaque jour]; c'est accumuler des vertus. En aimant quelqu'un, désirer qu'il vive; en le détestant, désirer qu'il meure, c'est par conséquent désirer sa vie, et, en outre, désirer sa mort; c'est là le trouble, l'erreur de l'esprit.
L'homme parfait ne recherche point les richesses; il a même du respect pour les phénomènes extraordinaires[11].
11. King-kong, prince de Thsi, questionna KHOUNG-TSEU sur le gouvernement.
KHOUNG-TSEU lui répondit avec déférence: Que le prince soit prince; le ministre, ministre; le père, père; le fils, fils. [Le prince] ajouta: Fort bien! c'est la vérité! si le prince n'est pas prince, si le ministre n'est pas ministre, si le père n'est pas père, si le fils n'est pas fils, quoique les revenus territoriaux soient abondants, comment parviendrais-je à en jouir et à les consommer?
12. Le Philosophe dit: Celui qui avec la moitié d'une parole peut terminer des différends, n'est-ce pas Yeou (Tseu-lou)?
Tseu-lou ne met pas l'intervalle d'une nuit dans l'exécution de ses résolutions.
13. Le Philosophe dit: Je puis écouter des plaidoiries, et juger des procès comme les autres hommes; mais ne serait-il pas plus nécessaire de faire en sorte d'empêcher les procès[12]?
14. Tseu-tchang fit une question sur le gouvernement. Le Philosophe dit: Réfléchissez mûrement, ne vous lassez jamais de faire le bien et de traiter les choses avec droiture.
15. Le Philosophe dit: Celui qui a des études très-étendues en littérature se fait un devoir de se conformer aux rites; il peut même prévenir les séditions.
16. Le Philosophe dit: L'homme supérieur perfectionne ou développe les bonnes qualités des autres hommes; il ne perfectionne pas ou ne développe pas leurs mauvais penchants; l'homme vulgaire est l'opposé.