Il faut placer avant tout le devoir de faire ce que l'on doit faire [pour acquérir la vertu], et ne mettre qu'au second rang le fruit que l'on en obtient; n'est-ce pas là accumuler des vertus? combattre ses défauts ou ses mauvais penchants, ne pas combattre les défauts ou les mauvais penchants des autres, n'est-ce pas là se corriger de ses défauts? par un ressentiment ou une colère d'un seul matin perdre son corps, pour que le malheur atteigne ses parents, n'est-ce pas là un trouble de l'esprit?

22. Fan-tchi demanda ce que c'était que la vertu de l'humanité. Le Philosophe dit: Aimer les hommes.—Il demanda ce que c'était que la science. Le Philosophe dit: Connaître les hommes. Fan-tchi ne pénétra pas le sens de ces réponses.

Le Philosophe dit: Elever aux honneurs les hommes justes et droits, et repousser tous les pervers; on peut, en agissant ainsi, rendre les pervers justes et droits.

Fan-tchi, en s'en retournaut, rencontra Tseu-hia, et lui dit: Je viens de faire une visite à notre maître, et je l'ai questionné sur la science. Le maître m'a dit: Elever aux honneurs les hommes justes et droits, et repousser tous les pervers; on peut, en agissant ainsi, rendre les pervers justes et droits. Qu'a-t-il voulu dire?

Tseu-hia dit: O que ces paroles sont fertiles en applications!

Chun, ayant obtenu l'empire, choisit parmi la foule, et éleva aux plus grands honneurs Kao-yao; ceux qui étaient vicieux et pervers, il les tint éloignés. Chang, ayant obtenu l'empire, choisit parmi la foule, et éleva aux plus grands honneurs Y-yn; ceux qui étaient vicieux et pervers, il les tint éloignés.

23. Tseu-koung demanda comment il fallait se comporter dans ses relations avec ses amis? Le Philosophe dit: Avertissez avec droiture de cœur, et ramenez votre ami dans le chemin de la vertu. Si vous ne pouvez pas agir ainsi, abstenez-vous. Ne vous déshonorez pas vous-même.

24. Thsêng-tseu dit: L'homme supérieur emploie son éducation [ou ses talents acquis par l'étude] à rassembler des amis, et ses amis à l'aider dans la pratique de l'humanité.

[11] Plusieurs commentateurs chinois regardent cette phrase comme défectueuse ou interpolée.

[12] Ce paragraphe se trouve déjà dans le Ta-hio, chap. IV, §1.