8. Le Philosophe disait de Kong-tseu-king, grand de l'État de Weï, qu'il s'était parfaitement bien comporté dans sa famille. Quand il commença à posséder quelque chose, il disait: J'aurai un jour davantage; quand il eut un peu plus, il disait: C'est bien; quand il eut de grandes richesses, il disait: C'est parfait.

9. Le Philosophe ayant voulu se rendre dans l'État de Wëi, Yan-yeou conduisit son char.

Le Philosophe dit: Quelle multitude [quelle grande population]!

Yan-yeou dit: Une grande multitude en effet. Qu'y aurait-il à faire pour elle? Le Philosophe dit: La rendre riche et heureuse. [Le disciple] ajouta: Quand elle serait riche et heureuse, que faudrait-il faire encore pour elle? [Le Philosophe] dit: L'instruire.

10. Le Philosophe dit: Si [un gouvernement] voulait m'employer aux affaires publiques, dans le cours d'une douzaine de lunes je pourrais déjà réformer quelques abus; dans trois années, la réformation serait complète.

11. Le Philosophe dit: «Si des hommes sages et vertueux gouvernaient un État pendant sept années, ils pourraient dompter les hommes cruels [les convertir au bien] et supprimer les supplices.» Qu'elles sont parfaites ces paroles [des anciens sages]!

12. Le Philosophe dit: Si je possédais le mandat de la royauté, il ne me faudrait pas plus d'une génération[15] pour faire régner partout la vertu de l'humanité.

13. Le Philosophe dit: Si quelqu'un règle sa personne selon les principes de l'équité et de la droiture, quelle difficulté éprouvera-t-il dans l'administration du gouvernement? s'il ne règle pas sa personne selon les principes de l'équité et de la droiture, comment pourrait-il rectifier la conduite des autres hommes?

14. Yan-yeou étant revenu de la cour, le Philosophe lui dit: Pourquoi si tard? [Le disciple] lui répondit respectueusement: Nous avons eu à traiter des affaires concernant l'administration. Le Philosophe dit: C'étaient des affaires de famille, sans doute; car, s'il se fût agi des affaires d'administration publique, quoique je ne sois plus en fonctions, je suis encore appelé à en prendre connaissance.

15. Ting-kong (prince de Lou) demanda s'il y avait un mot qui eût la puissance de faire prospérer un État. KHOUNG-TSEU lui répondit avec déférence: Un seul mot ne peut avoir cette puissance; on peut cependant approcher de cette concision désirée.