34. Weï-seng, surnommé Mèou, s'adressant à KHOUNG-TSEU, lui dit: KHIEOU [petit nom du Philosophe], pourquoi êtes-vous toujours par voies et par chemins pour propager votre doctrine? N'aimez-vous pas un peu trop à en parler?
KHOUNG-TSEU dit: Je n'oserais me permettre d'aimer trop à persuader par la parole; mais je hais l'obstination à s'attacher à une idée fixe.
35. Le Philosophe dit: Quand on voit le beau cheval nommé Ki, on ne loue pas en lui la force, mais les qualités supérieures.
36. Quelqu'un dit: Que doit-on penser de celui qui rend bienfaits pour injures[29]?
Le Philosophe dit: [Si l'on agit ainsi], avec quoi payera-t-on les bienfaits mêmes?
Il faut payer par l'équité la haine et les injures, et les bienfaits par des bienfaits.
37. Le Philosophe dit: Je ne suis connu de personne.
Tseu-koung dit: Comment se fait-il que personne ne vous connaisse? Le Philosophe dit: Je n'en veux pas au ciel, je n'en accuse pas les hommes. Humble et simple étudiant, je suis arrivé par moi-même à pénétrer les choses. Si quelqu'un me connaît, c'est le ciel!
38. Kong-pe-liao calomniait Tseu-lou près de Ki-sun. Tseu-fou, king-pe (grand de l'État de Lou) en informa le Philosophe en ces termes: Son supérieur [Ki-sun] a certainement une pensée de doute d'après le rapport de Kong-pe-liao. Je suis assez fort pour châtier [le calomniateur], et exposer son cadavre dans la cour du marché.
Le Philosophe dit: Si la voie de la droite raison doit être suivie, c'est le décret du ciel; si la voie de la droite raison doit être abandonnée, c'est le décret du ciel. Comment Kong-pe-liao arrêterait-il les décrets du ciel?